Menaces physiques

Les supports numériques de stockage sont exposés à de nombreuses forces internes et externes qui peuvent les détruire ou les rendre illisibles :

>> l'instabilité du matériel, Menaces qui pèsent sur les supports
>> un environnement inapproprié (température, humidité, lumière, poussière),
>> une surutilisation (surtout pour les supports où il y a contact physique),
>> les désastres naturels (incendie, inondation, tremblement de terre),
>> les pannes de l'infrastructure (plomberie, électricité, conditionnement d'air),
>> un entretien inadéquat du matériel,
>> les pannes du matériel,
>> les erreurs humaines (notamment de manipulation),
>> le sabotage (vol, vandalisme).

Entreposage
Un entreposage inapproprié est peut-être la cause la plus répandue de panne prématurée d'un support de stockage. On sait fort bien que le contrôle de la température et de l'humidité permet d'allonger la vie utile de la plupart des supports de stockage, mais de nombreux autres facteurs peuvent aussi y contribuer.

Mesures de conservation suggérées

>> Maintenir une température constante à environ 20 °C (68 °F) — le document IPI Media Storage Quick Reference [Guide d'entreposages des supports de stockage de l'IPI] donne des directives précises.
>> Maintenir le taux d'humidité relative à environ 40 %.
>> Éviter les fluctuations importantes et rapides de température et de taux d'humidité.
>> Réduire la quantité de poussière (maintenir un environnement à pression légèrement positive).
>> Éviter l'exposition aux champs magnétiques (pour les supports magnétiques).
>> Éviter l'exposition aux vapeurs.
>> Interdire la présence d'aliments et de boissons, et interdire de fumer dans les lieux d'entreposage de supports de stockage.
>> Entreposer les supports dans des armoires métalliques fermées et mises à la terre.
>> Placer les supports à la verticale (ne pas les empiler).
>> Entreposer les supports dans leur contenant d'origine.
>> Éviter l'exposition à la lumière du jour et aux rayons ultraviolets émis par les lampes.
>> Laisser un support s'acclimater aux conditions ambiantes de température et d'humidité avant de l'utiliser.
>> Entreposer de nouveau le support dans une atmosphère contrôlée, immédiatement après son utilisation.

Préparation
Il est en général impossible de prévoir les menaces physiques dues à des causes telles que les désastres naturels, les pannes d'infrastructure et les actes malveillants, mais une préparation adéquate permet de diminuer la probabilité de tels événements et de minimiser les dommages subis. Une réponse rapide exige l'émission d'un avertissement dès qu'une situation dangereuse survient. Il existe des systèmes de capteurs et d'alarme en cas de feu, de chaleur, de fumée, de fuite d'eau et d'intrusion. Le recours à des systèmes d'extinction et d'évacuation d'eau, ainsi que l'utilisation d'espaces d'entreposage à l'épreuve de la chaleur et de l'eau contribuent à réduire les dommages causés aux supports et à l'équipement. Les espaces de stockage doivent être verrouillésSoin et manipulation de disques compacts et de DVD et accessibles uniquement au personnel adéquatement formé. Tous les supports, quel que soit leur degré de fiabilité, doivent avoir au moins une copie de sauvegarde. La création de plusieurs copies de sauvegarde et l'entreposage dans un site externe d'un exemplaire de sauvegarde constituent la meilleure protection contre les pertes dues à une catastrophe.

Manipulation
Une manipulation inadéquate constitue une autre menace importante envers les supports de stockage. Même si de nombreux supports numériques donnent l'impression d'être robustes et durables, ils peuvent être endommagés à cause d'une utilisation négligente. Suivez les conseils ci-dessous :

Mesures de conservation suggérées

>> Ne pas ouvrir les fermoirs conçus pour protéger les supports contenus dans des cartouches.
>> Manipuler les supports avec des gants non pelucheux, afin de minimiser la quantité de poussière.
>> Se laver et s'essuyer les mains avant de manipuler des supports.
>> Ne pas toucher les faces exposées (p. ex., tenir un disque compact par les côtés).
>> Lorsqu'ils ne sont pas utilisés, conserver les supports dans leur contenant.
>> Apposer les étiquettes aux endroits prévus à cette fin. Remplir l'étiquette avant de la coller.
>> Sur un disque compact, n'écrire que sur la face supérieure avec un marqueur approprié.
>> Éviter de plier les disques compacts et les DVD.
>> Retirer le support du lecteur après son utilisation.
>> Retendre les bandes magnétiques après leur utilisation, et tous les un à trois ans lorsqu'elles ne sont pas utilisées.
>> N'autoriser que le personnel adéquatement formé à accéder aux supports de stockage.
>> Utiliser des supports à écriture unique (inscriptibles) plutôt que des supports à lecture-écriture (réinscriptibles).
>> Activer les dispositifs de protection contre l'écriture, lorsqu'ils sont disponibles.

Durée de vie espérée
La question de la longévité des supports de stockage a fait couler beaucoup d'encre. Les consommateurs et les producteurs de support de stockage mettent souvent l'accent sur la recherche et la promotion de supports qui ont une longue vie utile. Au bout du compte toutefois, pour de nombreuses raisons, on accorde trop d'importance à la longévité en tant que caractéristique souhaitable des supports de stockage.

>> Les durées de vie annoncées sont des moyennes statistiques fondées sur des tests de vieillissement accéléré et ne peuvent donner qu'une estimation grossière de la longévité réelle d'un support donné dans certaines conditions d'entreposage et de manipulation.
>> La longévité d'un support n'offre aucune protection contre de nombreux facteurs tels que le vol, les désastres naturels, les pannes d'infrastructure et les dommages accidentels dus aux erreurs de manipulation.
>> La technologie des supports de stockage évolue si rapidement qu'un support durable risque d'être menacé d'obsolescence avant la fin de sa vie utile.

Mesures de conservation suggérées

La meilleure stratégie consiste à prendre des mesures pour maximiser la longévité intrinsèque de supports d'une longévité moyenne.

>> Adopter de bonnes pratiques d'entreposage et de manipulation.
>> Acheter des supports de qualité supérieure.
>> Prendre en note le nom du fabricant et les numéros de lot des supports afin de permettre un suivi des performances et de la qualité.
>> Ne pas acheter en trop grande quantité.
>> Ne pas oublier que, dans certains cas (en particulier les disques optiques et magnéto-optiques), un support vierge a une durée de vie moindre qu'un support contenant des données.
>> Acheter des supports compatibles avec la vitesse et la capacité des lecteurs dans lesquels ils seront utilisés.

Mesures de conservation suggérées

Tous les supports de stockage doivent faire périodiquement l'objet de tests d'intégrité des données. Prévoir au minimum les procédures suivantes :

>> Confirmer la fidélité de tout support immédiatement après l'enregistrement de données.
>> Par la suite et à intervalles réguliers, lire en entier des supports pris au hasard (selon le fabricant et le code de lot) ainsi que des fichiers de plusieurs supports.
>> Déterminer les lots, les fabricants ou les conditions d'entreposage susceptibles de poser des problèmes et faire dans ces cas des tests plus poussés.
>> Tester les supports vierges (cela peut être long et coûteux).
>> Faire un suivi des corrections d'erreur et remplacer le support avant que les erreurs ne deviennent impossibles à corriger.

Points spécifiques à certains types de supports

Disques rigides

>> Hautement indifférenciés. S'attendre à payer le prix pour des lecteurs dont la qualité et la fiabilité sont supérieures à la moyenne.
>> Ne pas acheter en surcapacité. Les prix et la technologie évoluent extrêmement rapidement.
>> Ne pas s'attendre à une durée de vie supérieure à cinq ans, quel que soit le disque rigide.
>> La chaleur peut réduire de manière spectaculaire la vie utile. Utiliser une pièce à atmosphère contrôlée et veiller à ce que les ventilateurs fonctionnent et ne soient pas encrassés de poussière.

Bandes magnétiques

>> Constituent encore le support de sauvegarde dont le coût unitaire est le plus bas.
>> Les nouvelles technologies offrent des densités de stockage extrêmement élevées.
>> Les cartouches à haute densité — SDLT (Super Digital Linear Tape [superbande linéaire numérique]), LTO (Linear Tape Open [bande linéaire ouverte]), AIT (Advanced Intelligent Tape [bande intelligente évoluée]) — sont considérées comme les plus fiables.
>> De nouvelles générations de formats de bande font régulièrement leur apparition. La rétrocompatibilité n'est généralement offerte que pour une ou deux générations précédentes.

Supports optiques (disques compacts, DVD et leurs variantes)

>> Ces supports peuvent tomber en panne de plusieurs manières.
  > Couche colorée (pour les supports inscriptibles)
     –  La cyanine (bleu-vert) stabilisée au métal offre le meilleur compromis stabilité-compatibilité.
     –  La phtalocyanine (bleu clair) et l'azo métallisé (bleu foncé) sont également valables.
     –  La couleur peut être trompeuse — elle ne signifie pas nécessairement qu'une couche colorée a été appliquée.
  > Couche réfléchissante
     –  L'or est le matériau le plus stable.
     –  L'argent et des alliages sont de plus en plus répandus (non pas parce qu'ils sont meilleurs, mais en raison de leur coût moindre).
     –  La couche réfléchissante des supports réinscriptibles est en aluminium. Celle des supports inscriptibles ne peut pas être en aluminium à cause de sa réactivité avec la couche colorée.
  > Séparation des substrats
>> Les supports vierges entreposés ont une durée de vie de 5 à 10 ans.
>> La face supérieure (celle qui est étiquetée) des disques compacts exige beaucoup de précautions car elle est plus vulnérable que la face inférieure.
>> Le nettoyage d'un disque compact ou d'un DVD doit se faire dans le sens axial (c'est-à-dire de l'extérieur vers l'intérieur), et non dans le sens des pistes.
>> Les DVD sont plus vulnérables aux dommages causés par le pliage parce que les pistes sont plus rapprochées. Utiliser des étuis de transport spécialement conçus pour des DVD afin qu'ils soient le moins possible pliés lorsqu'ils ne sont pas utilisés.

Restauration en cas de désastre
Les méthodes et procédures mentionnées jusqu'ici visent à minimiser les pertes accidentelles de données et à maximiser la longévité des supports de stockage. Cependant, même dans des conditions d'entreposage parfaites et avec des protocoles impeccables de manipulation, certains supports peuvent tomber en panne. Par conséquent, les données précieuses doivent être stockées en plusieurs exemplaires sur des supports différents, c'est-à-dire qu'il faut en faire des copies de sauvegarde. De plus, il faut mettre au point des plans de sauvegarde ainsi que de restauration en cas de désastre, afin d'éviter la perte catastrophique de données due à des causes telles que :

>> le sabotage (vol, vandalisme, modification ou effacement malveillants, virus, attaque terroriste, etc.),
>> un désastre naturel (incendie, inondation, tremblement de terre, ouragan, tornade, panne d'infrastructure).

Il faut un plan de restauration en cas de désastre qui traite spécifiquement de l'infrastructure de technologie de l'information. Un tel plan ne se met pas au point en une seule étape. Il faut le tester et le modifier en fonction des circonstances. Revoyez les plans de restauration lorsqu'il se produit des événements tels que l'arrivée de nouveau personnel, l'installation ou la rénovation d'installations, la livraison de nouveau matériel. Une fois le plan de restauration en place, prenez les mesures nécessaires pour prévenir les catastrophes et minimiser les dommages qu'elles causent.

Le NIST (National Institute of Standards and Technology [Institut national américain des normes et de la technologie]) publie un excellent guide d'élaboration et de mise en œuvre de plans d'urgence, intitulé Contingency Planning Guide for Information Technology Systems [Guide de la planification d'urgence en matière de systèmes informatiques].

Copies de sauvegarde
Le maintien de copies multiples de tout contenu numérique précieux est une composante essentielle de tout programme de conservation d'objets numériques et un élément clé de la prévention de pertes en cas de catastrophe. Il existe une grande variété de solutions en matière de copies de sauvegarde. Le choix d'une solution dépend :

>> de la quantité de données,
>> de la fréquence de modification des données,
>> du degré d'automatisation souhaité,
>> du budget disponible.

Non seulement les fichiers de données, mais aussi les logiciels d'application et les systèmes d'exploitation doivent être sauvegardés. Dans certains cas, il peut être nécessaire d'acheter des licences d'utilisation supplémentaires ou d'obtenir une autorisation spéciale du fournisseur d'un logiciel pour pouvoir en faire des copies de sauvegarde.

En plus de tester périodiquement les supports de sauvegarde afin de s'assurer que les données sont toujours lisibles et n'ont pas été altérées, il faut également mettre à l'épreuve les procédures de restauration pour s'assurer que le matériel, les logiciels et les fournisseurs externes qui interviennent dans le maintien des copies de sauvegarde accomplissent tous leurs tâches comme prévu.

Une stratégie prudente de sauvegarde comprend l'entreposage d'au moins une copie de toutes les données essentielles en un lieu situé à une distance suffisante du lieu d'entreposage principal pour que tous les exemplaires ne soient pas susceptibles d'être détruits par un même désastre. C'est ce que l'on appelle l'entreposage dans un site externe. Chaque établissement doit vérifier auprès des organismes de réglementation quelles sont les exigences relatives à la conservation d'archives. Par exemple, dans le cas de dossiers médicaux et financiers, la distance exigée entre le lieu principal d'entreposage et le site externe peut être plus grande que pour d'autres applications. Une entente d'entreposage réciproque avec un établissement partenaire peut constituer une solution économique. Si vous donnez à contrat le stockage de vos données dans un site externe, veillez à obtenir de véritables services de gestion de données, et non un simple entreposage. Les entreprises d'entreposage général ne sauront probablement pas comment entreposer et manipuler correctement des supports numériques de stockage. Les contrôles d'atmosphère et les protocoles de manipulation devraient être au moins aussi rigoureux que ceux de l'installation principale.

Un point important à considérer dans le choix d'une stratégie de sauvegarde est la possibilité de perte totale (équipement et données) de l'installation principale dans un sinistre. Dans une telle situation, il faut remplacer la totalité de l'infrastructure informatique et restaurer dans le nouveau système les données sauvegardées. S'il n'est pas possible de se procurer un nouvel équipement capable de prendre en charge les supports de sauvegarde, le logiciel de restauration des données, ainsi que les logiciels d'application et le système d'exploitation nécessaires pour accéder aux données, il est probablement temps de revoir le plan de sauvegarde.

Sauvetage d'urgence
Une lacune dans la planification, des difficultés budgétaires, des circonstances hors de contrôle ou une simple malchance peuvent entraîner la nécessité d'un sauvetage d'urgence de données critiques. Des entreprises se spécialisent dans la récupération de données à partir de supports lourdement endommagés (lorsqu'il n'y a pas de copie de sauvegarde) et la lecture de données sur des supports de stockage obsolescents. Ces services peuvent souvent être très coûteux mais également indispensables. Une recherche dans le Web sur les termes « récupération de données », ou en anglais data recovery, donnent un nombre imposant de liens vers de telles entreprises spécialisées.

 Ressources à consulter